Au Pôle Santé Sarthe et Loir à La Flêche (72), Jean-Marc Sanchez, actuellement le seul technicien de maintenance des équipements biomédicaux de cet établissement hospitalier, nous explique son métier.
Quelles sont les caractéristiques de votre métier ?
J’interviens là où les électriciens ne peuvent pas agir sur des équipements bien spécifiques. L’équipement biomédical est celui qui se trouve entre la prise électrique, une prise de fluides médicaux (air, oxygène…) et un patient. Mes horaires couvrent l’essentiel de l’activité soignante de jour. Il n’y a pas encore de garde ni d’astreinte biomédicale car j’évolue dans une petite structure. En dehors de ma présence en semaine et le week-end, ce sont les agents d’astreinte des services techniques qui sont prévenus des problèmes éventuels.
Dans quel cadre intervenez-vous ?
La mission principale du service biomédical est d’assurer la sécurité des patients en maintenant aux performances optimales l’ensemble des appareils biomédicaux. En maintenance curative, il faut diagnostiquer la panne et remettre en état de fonctionnement l’équipement ; par exemple, à la fin d’une intervention chirurgicale, j’ai remplacé un câble de l’unité centrale d’une caméra qui provoquait des parasites. En maintenance préventive, selon un calendrier déterminé, je change les pièces d’un appareil ciblé ; le contrôle qualité, c’est l’évaluation du niveau de performance technique d’un équipement à un instant “t”. Les demandes de dépannage sont faites par les responsables des services de soins. Le bon d’intervention doit indiquer de manière précise le nom, le numéro d’inventaire, la nature de la panne et la localisation de l’appareil. Sa traçabilité est importante pour une meilleure prise en charge de l’intervention.
Quelles sont les difficultés ?
Notre équipe biomédicale étant limitée (1 ingénieur et 1 technicien), il faut répondre au mieux aux exigences réglementaires en matière de maintenance qui permettent de sécuriser le champ d’utilisation des équipements concernés. Face à un tel contexte, il est impératif que le responsable et le technicien biomédical travaillent en complémentarité dans un échange permanent d’informations ; le partage et la délégation de certaines missions sont également nécessaires, notamment pour pallier l’absence de l’un ou de l’autre agent.
Quelle est la technicité employée, les principaux outils utilisés ?
Pour assurer la maintenance quotidienne (curative, préventive, contrôle qualité), j’utilise l’outillage classique (tournevis, pinces, clés Allen, multimètres, etc.), ainsi que des appareils de tests spécifiques aux équipements médicaux : testeurs de sécurité électrique, de perfusion, de défibrillateur, simulateur de patient, etc. Je travaille sur informatique avec un logiciel de gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO) pour la saisie de l’inventaire, de mes interventions (traçabilité), la gestion du planning de maintenance préventive, le suivi du magasin de pièces détachées, de consommables et d’accessoires.
Les qualités exigées ?
Un esprit d’initiative, être rigoureux et autonome en sachant communiquer et s’adapter. Diagnostiquer une panne exige des capacités d’observation et de synthèse. Il faut savoir évaluer les risques liés à l’utilisation des équipements et alerter en cas d’emploi non conforme.
Alain Martinez
