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Diététicienne hospitalière, quand l’alimentation est un soin

MNH Revue 157 - août 2007


Diététicienne hospitalière, quand l'alimentation est un soin

À l’évocation du terme diététique, rares sont ceux qui pensent soins, santé. Et pourtant, le rôle du diététicien hospitalier n’est pas de proposer des régimes amaigrissants mais de traduire des prescriptions médicales ou la diététiquefait partie intégrante du protocole de soins du patient.


Cinq diététiciennes interviennent dans les services du centre hospitalier de Compiègne (60) encadrées par Marylène Mérabli, cadre de santé diététicienne.

En quoi consiste votre métier ?

Marylene Merabli

Le diététicien est un paramédical, rééducateur de santé spécialisé en nutrition. Il a pour vocation de conseiller à chacun un équilibre nutritif compatible avec son parcours alimentaire, son mode de vie, son capital génétique en écartant toute contrainte injustifiée. Son savoir scientifique en nutrition et son savoir-faire pratique permettent de traduire les besoins nutritionnels en aliments et en repas pour tous les âges et circonstances de la vie.

Quelles sont les différences entre le libéral et l’hospitalier ?

En milieu hospitalier, le champ des pratiques est vaste, très varié d’un établissement et même d’un service à l’autre. Nous nous adressons à tous les types de population, de l’enfant à la personne âgée. Nous intervenons dans des situations de maladie aiguë ou chronique, en hospitalisation et en consultation, en entretien individuel ou en éducation/information de groupe. Nous travaillons avec de nombreux partenaires soignants ou non et participons à la formation initiale ou continue de plusieurs professionnels. Avec les personnels de restauration nous participons aux choix de produits alimentaires et des produits diététiques. Sans connaître spécifiquement le secteur libéral qui correspond aux consultations externes, les modes de prise en charge ne sont pas les mêmes : les patients étant “volontaires”, les relations sont différentes car il ne s’agit pas de situation de maladie aiguë. Cependant, le secteur libéral ne bénéficie peut être pas de la variété d’interventions du secteur hospitalier.

Avec qui travaille le diététicien ?

Nos partenariats sont multiples : tous les acteurs de soins médicaux et paramédicaux, les services économiques, la pharmacie, les laboratoires fournisseurs de produits diététiques. Parfois également le milieu scolaire et associatif.

Peut-on être spécialisé ?

La spécialisation s’acquiert en formation continue, avec l’expérience selon les domaines d’intervention (pédiatrie, diabétologie, néphrologie, sports, etc.). La formation initiale n’inclut pas de “spécialité”.

Quelles sont les qualités naturelles nécessaires et les difficultés ?

Il faut avoir le sens de l’écoute, l’empathie, la rigueur, la capacité à se remettre en question et l’humilité. L’alimentation est un soin… mais il y a un manque de reconnaissance de l’activité. La place de l’alimentation et de la nutrition dans le secteur de la santé n’est pas suffisante tout comme la formation sur la nutrition des acteurs de santé. Les effectifs des diététiciens ont évolué mais ils ne permettent pas toujours de remplir les différentes missions. La dimension psy de l’alimentation, les notions de prévention et d’éducation ne sont pas prises en compte. Enfin, les formations initiales, qui sont insuffisantes, ne sont pas harmonisées au niveau européen.

Depuis 2006 le diététicien est considéré comme étant un professionnel de santé, qu’est-ce que cela a changé dans les hôpitaux ?

Dans notre établissement, les diététiciens sont reconnus et très sollicités dans toutes les unités. Les équipes soignantes nous font confiance. Dans d’autres lieux, la reconnaissance de ce métier comme une profession de la santé permettra de nombreuses avancées dans le domaine de la thérapeutique et de la prévention, la création de postes dans certains secteurs ainsi que dans le champ de la santé publique.

Alain Martinez

Le cursus

Un BTS diététique préparé de préférence après un Bac S, STL biochimie-génie biologique et SMS dans un lycée technique d’état section diététique ou un établissement privé. Un DUT obtenu dans un institut universitaire de technologie (IUT) avec département de génie biologique, option diététique.

 
 
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