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Conseiller en économie sociale et familiale : une aide à la gestion de la vie quotidienne

MNH Revue 156 - mai 2007


Conseiller en économie sociale et familiale : une aide à la gestion de la vie quotidienne

Sous l’égide d’un conseil général ou d’un autre organisme, les conseillers en économie sociale et familiale interviennent dans des missions différentes, inhérentes à l’aide sociale avec comme axe majeur : accompagner et soutenir les personnes en difficulté dans leur vie quotidienne.


À Louviers (27), les conseillers en économie sociale et familiale (CESF) sont basés à la maison du département de l’Eure au sein de l’Unité territoriale d’action sociale (UTAS), dont Christophe Lebreton, l’un des rares hommes dans cette profession.

Quelles sont les grandes lignes directrices de votre métier ?

Christophe Lebreton La plus importante est de créer du lien social. De par notre formation, nous sommes considérés comme des professionnels de la vie quotidienne : le budget, l’alimentation, l’habillement, le logement, tout ce qui touche la vie de tous les jours. Et, comme dans tous les métiers du social, il y a l’accompagnement qui vise à l’amélioration de l’intégration dans la société des individus, des familles en détresse multiples et à accroître leur autonomie. Notre action se situe en complémentarité de tous les autres métiers sociaux.

Quels sont vos champs d’intervention ?

Individuel, collectif et dans l’enseignement et l’information. Un CESF peut intervenir auprès de différents publics : les jeunes, les personnes handicapées, âgées, ou les familles. Il est employé par des institutions ou de différents organismes. Dans le privé, il peut s’agir d’un centre d’hébergement de réinsertion, d’une association de tutelles ou d’un comité local pour le logement autonome des jeunes. Dans le public, cela peut être une caisse d’allocations familiales, un conseil général, un centre communal d’action sociale, ou un hôpital. Il y a également des structures intervenant auprès des personnes handicapées.

En fonction du poste occupé, on peut avoir différentes tâches. Dans le cadre individuel, il y a l’aide à la gestion du budget, à la recherche d’emploi, d’un logement. Pour la santé, cela peut être d’aider la personne à ouvrir les droits auxquels elle pourrait prétendre telle la CMU. On peut accompagner des personnes manquant d’autonomie à accéder aux soins dont elles auraient besoin.

Un CESF peut animer des ateliers qui servent à restaurer le lien social, c’est à dire rompre l’isolement de l’individu. Cela peut-être sur les thèmes de la cuisine, de la couture dans un centre socioculturel pour un carnaval de quartier. Il peut y avoir l’organisation de réunions d’information prévention santé (accidents domestiques, MST), ou sur les droits et devoirs des bénéficiaires du RMI, ainsi que tout ce qui concerne l’enseignement et la formation en travaillant pour l’Education nationale.

Auprès de qui travaillez-vous ?

Je travaille pour la mission Lutte contre les exclusions, qui comporte également les volets de la santé et du logement. J’interviens spécifiquement auprès des bénéficiaires du RMI au titre du contrat d’insertion. En fonction des besoins des personnes, de leurs difficultés, en lien avec des partenaires sociaux, je les aide au niveau de l’emploi, ou dans un accompagnement pour une formation professionnelle qualifiante. L’idéal, c’est d’amener les personnes à sortir du dispositif RMI.

Chaque cas est différent. Il faut aider les personnes à repérer les freins périphériques à l’emploi. Autour du budget, cela peut être une aide éducative à la gestion, à la conception d’un dossier de surendettement. Ce soutien s’exerce en entretien individuel dans mon bureau ou lors d’une visite à domicile. Dans le cadre collectif, j’organise, j’anime des réunions d’information et mène des actions sur le RMI avec les partenaires sociaux.

Par le biais du "Point accueil santé", je suis en relation avec l’hôpital. Par exemple, dans le cadre d’un chantier d’insertion où il y a plusieurs problématiques de santé repérées ; l’alcoolisme, la dentition, le but est de faire intervenir des spécialistes de la santé. D’une manière générale, un CESF intervient au sein d’une équipe pluridisciplinaire.

Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Le facteur temps n’est pas extensible pour parvenir à conjuguer toutes ces taches. Dans notre domaine d’activité, le public est très précarisé. Il ne faut pas tomber dans l’hyper empathie ou dans la pitié pour être le plus aidant possible. Ne pas se laisser envahir par la difficulté de l’autre. Notre travail ne réside pas uniquement dans le fait d’apporter des solutions aux personnes. Il faut faire en sorte qu’elles trouvent elles-mêmes la réponse à leur situation à partir de leurs ressources intérieures. C’est propre à tous les métiers du social.

Notre métier a besoin de se positionner pour bénéficier d’une "reconnaissance".

Il demande des qualités essentielles ?

Une aisance relationnelle et une ouverture à l’autre sont indispensensables. Il faut être disponible, méthodique, rigoureux et porter un intérêt à l’actualité et à la législation sociale. Des qualités d’animation et d’adaptation, de capacité de travail en équipe ou en partenariat sont également nécessaires.

Alain Martinez

 
 
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